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Degrelle. Qui suis-je ? Par Francis Bergeron, éditions Pardès, 2016, 125 pages

 

La collection « Qui suis-je ? » des éditions Pardès rassemble des monographies sur toute sorte de personnages historiques, le plus souvent fort intéressantes en ce qu’elle donne accès à des renseignements non autrement disponibles pour le lecteur francophone (Leni Riefenstahl, Juan Perón, Knut Hamsun, Arno Breker, Ernst Jünger,…) ou à des témoignages de première main sur des acteurs de notre histoire récente (où trouver ailleurs de bons éléments biographiques sur François Brigneau, Lucien Rebatet, Pierre Gripari, Robert Poulet, Jacques Chardonne,… ?).

 

 

LD Qui suis-je.jpgAlors que Pétain, Doriot et même Staline et Trotski avaient déjà obtenu leur opuscule, on pouvait se demander pourquoi Léon Degrelle – si mal traité par l’universel politiquement correct – était encore absent de ce catalogue. C’est désormais chose faite avec le bel essai fort bien documenté et illustré, et écrit dans un style alerte et dans une langue qui sait doser humour, émotion et sens de la synthèse, par… Francis Bergeron.

Certes, Francis Bergeron est un pilier de cette collection avec des ouvrages qui font autorité sur Henri Béraud, Saint-Loup, Léon Daudet ou Maurice Bardèche, mais pour avoir dû marquer d’inévitables désaccords avec certains commentaires concernant Léon Degrelle qui nous paraissaient trop au diapason, justement, du « politiquement correct », nous n’aurions pas pensé, de prime abord, qu’il était le mieux placé pour pareille entreprise.

Lui-même en convient d’ailleurs dans une belle introduction qui honore ses scrupules de biographe soucieux d’indispensable exactitude, mais aussi de nécessaire empathie :

« Cette biographie aurait dû être écrite par Jean-Claude Valla [ndlr : auteur du précieux Doriot de cette collection, et qui fut emporté par la maladie en 2010]. Rédiger une biographie […], c’est vivre, pendant quelques mois, dans la peau du personnage dont on raconte l’histoire. Et, à l’issue de ce travail, on a le sentiment de connaître son héros mieux qu’il ne se connaissait lui-même. […] Peur […] de ne pas pouvoir m’identifier suffisamment à Degrelle, pendant ce travail d’écriture, de ne pas pouvoir chausser ses bottes, et donc de ne pas trouver le plaisir de vivre à travers lui, ce qui est sans doute la vraie motivation de tout biographe. »

Nous espérons vivement qu’au final, Francis Bergeron aura pris non seulement plaisir mais surtout un intérêt sincère à fréquenter sans a priori un destin aussi singulier, car le résultat est séduisant par le tour de force de résumer une vie aux mille aventures invraisemblables, tout en s’efforçant de placer dans leur contexte leurs tenants et aboutissants.

C’est cette démarche toute d’honnêteté qui lui vaudra l’estime et la gratitude des « admirateurs de notre Léon » qui, parce qu’ils s’attachent à approcher toujours mieux sa personnalité authentique, ne sont pas réductibles à des « thuriféraires » aveugles ne supportant que l’ « hagiographie ».

Il n’empêche que l’hommage rendu à sa rectitude morale, à son courage physique, à la fermeté de ses convictions, à la fidélité à ses engagements – non pas irréfléchis mais cohérents, nécessaires et adaptés aux réalités géopolitiques de son temps – et à son immuable détermination dans l’orientation qu’il donna à sa vie, ira droit au cœur de tous ceux à qui il s’est imposé comme guide politique et éthique ainsi que comme modèle d’action. Qu’on en juge par ces extraits d’une clairvoyance prouvant que la fréquentation d’un tel destin n’a pas laissé intact celui qui s’y est intéressé !

« Jamais Degrelle n’a en effet reconnu s’être trompé, quand il a mis sa confiance en Hitler et a entraîné à sa suite des milliers de jeunes Belges dans cette voie. […] Dans cette fermeté de Degrelle au regard des engagements de la guerre, ne faut-il pas voir d’abord, non pas un aveuglement négationniste, mais un acte d’amour à l’égard de ses compagnons du combat politique, à l’égard des soldats du front de l’Est, à l’égard de toutes ces familles frappées dans leur chair à l’heure de l’occupation rouge d’une partie de l’Europe et à l’heure de l’épuration de masse ? Et aussi de tous ceux qui ont cru de bonne foi à la possibilité de construire une nouvelle Europe, libérée du communisme et libérée des rapports d’argent, sur les ruines du vieux monde ? » (p. 99-102)

Que ce Degrelle trouve donc désormais sa place parmi les indispensables Qui suis-je ?, ces « ouvrages de référence, qui jalonnent un territoire, dans le combat des idées » !

Si nous nous permettrons quelques remarques, ce ne sera que pour corriger quelques détails, apporter quelques précisions, redresser quelques perspectives, tout en en mesurant bien le caractère peut-être trop pointu et circonstancié, et excédant les proportions nécessairement limitées de l’entreprise éditoriale de Pardès.

(A Suivre)

 

 

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